Bull. Soc. Pharm. Bordeaux, 1997, 136(1-4), 129-132
REVUE DES LIVRES

 
Les métiers de l'hôpital
C. Chevandier
Paris
La Découverte et Syros,1997
La Biodiversité
C. Lévêque
Paris
P. U. F., 1997
 Aide-mémoire de botanique girondine
P. Dauphin
Bordeaux
Société linéenne de Bordeaux,1995



C. Chevandier - Les métiers de l'hôpital. Paris, La Découverte et Syros, 1997.

Ample sujet car l'hôpital est un petit monde et si quelques métiers ont disparu (j'ai connu jadis un utilisé berger d'un petit troupeau) la population travailleuse s'est accrue ; elle grouperait actuellement en France plus d'un million de personnes.

Un aperçu historique et statistique permet d'accéder à l'état actuel des établissements privés et publics afin d'aborder les problèmes qu'ils posent.

Notons quelques remarques concernant les médecins, pharmaciens, biologistes. Des anomalies incomplètement corrigées sont indiquées, telle la faible féminisation du corps médical, notamment en chirurgie. Quelques lignes concernent l'internat en pharmacie de formation très appréciée ainsi que l'importance des biologistes. Remarquons avec l'auteur que, pour les médecins, la suppression du secteur privé à l'hôpital public n'a pas eu lieu, on a seulement tenté de le diminuer financièrement.

Pour le personnel non médical (terme ambigu) on pourrait distinguer infirmières, sages-femmes, kinésithérapeutes, psychologues, etc, les aides-soignants et d'autre part le personnel ouvrier, les cadres, ingénieurs, informaticiens. Quant aux directeurs, la loi de 1941 leur a donné le nom ; regrettons seulement qu'à un concours de laborantines ils aient la possibilité de participer à la note sur des questions techniques de biologie*. Leur travail est parfois ingrat : organiser les vacances n'est pas de tout repos. J'ai connu l'époque où le poste et le titre étaient parfois confiés à un emploi réservé notamment à d'anciens sous-officiers. Plus tard il y eu des titulaires d'une licence ou d'un doctorat sans qu'on puisse constater de grandes différences effectives. Mémorable exemple des limites de l'érudition et de la culture aux prises avec les choses.

La notation du personnel fut naguère un piège pour les universitaires ; leur habitude les conduisaient à considérer 15 sur 20 comme une très bonne note ce qui était franchement mauvais pour l'administration.

On est frappé par la faible proportion de réussite professionnelle. Je n'ai connu qu'un seul confrère issu du cadre des préparateurs qui fut interne puis pharmacien des hôpitaux.

Les esprits curieux seront étonnés d'apprendre que le point de frivolité des dentelles bretonnes a été repris en chirurgie pour des sutures.

Dans des secteurs très variés on notera quelques informations sur les ponctions artérielles, sur l'occupation des places de parking, sur la révolte des soeurs des hospices civils à Lyon en 1834. Je profite de cette étrange occasion pour préciser : l'ouvrage concerne les établissements civils ; pour les hôpitaux militaires une autre histoire est à envisager.

Félicitons l'auteur : il a observé, il a travaillé, le résultat est cet excellent livre, nécessaire et captivant.

H. L.



Christian Lévêque - La Biodiversité. Paris, Presses Universitaires de France, 1997.

La dégradation des milieux, la disparition de nombreuses espèces ont pris une extension inquiétante. Ce n'est pas un mince problème qui est envisagé ici. Dans un exposé des définitions, secteur difficile, l'auteur tente de relier la biologie moléculaire à l'écologie pour proposer une conservation de la nature. Malgré les énormes difficultés, il a foi dans la compatibilité de cette conservation et le développement humain.

Ensuite un inventaire résume l'histoire de l'évolution et son interprétation. L'importance de l'hybridation interspécifique dans le règne végétal n'est pas omise. L'imprécision des estimations actuelles du nombre potentiel d'espèces vivantes qui oscille de 7 à 20 voire à 100 millions donne une idée du chemin qui reste à faire. Le lecteur corrigera une coquille (p. 25) où les papillons paraissent séparés des insectes.

La diversité biologique et le fonctionnement des systèmes écologiques font l'objet d'un chapitre assez technique où l'on pourra lire le cas du poison Lates niloticus qui à partir d'une certaine taille s'oriente vers le cannibalisme, exemple inquiétant. Sont cités l'effet serre et l'hypothèse Gaia : la terre considérée comme un organisme vivant.

Dans le chapitre suivant les vieux pharmaciens retrouveront le mot Taxol qui ne désigne pas ici une spécialité laxative mais un exemple de biodiversité utile. Les transgéniques sont-ils maîtrisables, souhaitables, non gênants ? Question importante. On nous promet -une fois de plus -la rose bleue et peut-être la tulipe noire qui figure dans les catalogues des fleuristes et est un titre de roman. Ceci nous amène à l'aspect économique de la biodiversité avec les discussions qui apparaissent. Pour l'auteur le refus du brevet génétique favorise le secret et inhibe le contrôle. Sont ensuite indiquées des conséquences d'action humaine : appauvrissement biologique, pollution et surtout la question des banques de gènes . Notons à ce sujet que pour la sixième photographie (p. 96) l'auteur indique bien Solanum sp. pour qualifier des fruits d'aubergine terme qui autrefois désignait les seuls fruits de Solanum melongena et dont le sens paraît s'être étendu.

L'ouvrage se termine par deux chapitres, l'un sur le développement durable et l'autre sur les accords et les mesures concernant la conservation des espèces. Cette trop courte revue montre imparfaitement l'ampleur du problème et on ne peut que féliciter l'auteur d'avoir pu en exposer les multiples aspects.

H.L.




P. Dauphin - Aide-mémoire de botanique girondine - Nouvelle édition. Bordeaux, Société linéenne de Bordeaux, 1995.

Cet opuscule indique à peu près tous les genres polyspécifiques de Gironde ainsi que les espèces y figurant sous plusieurs sous-espèces. Il facilite par conséquent la distinction des plantes présentant une certaine ressemblance et doit inciter les botanistes à vérifier des déterminations qui paraissent évidentes parce qu'elles ont fait l'objet d'une longue transmission orale trop facilement admise.

Rappelons à ce sujet la discussion qui surgit au milieu du siècle entre deux botanistes au sujet d'une plante fréquente autour de Bordeaux. Était-ce Anthriscus sylvestris L. ou Chærophyllum temulum L. ?

Vingt ans plus tard un troisième botaniste me confirma la présence de la première espèce dans les environs proches où se déroulaient alors les herborisations universitaires ; la deuxième espèce se trouvant nettement plus loin.

Cet ingénieux aide-mémoire -au sens propre- rendra de grands services car il suffit parfois d'un mot pour réactiver les souvenirs, permettre une reconnaissance ou établir une rectification.

A recommander à tous les botanistes.

H.L.